Comprendre la leishmaniose du chien pour protéger son animal

Parmi les maladies pouvant être transmises à votre chien, la leishmaniose occupe une place particulière : en effet, son caractère grave et potentiellement transmissible à l’homme, fait d’elle un sujet de prévention très important si votre chien est à risque dans son mode de vie, mais aussi un véritable sujet de santé publique. Or, du fait de sa transmission par certains moustiques, et à l’heure du réchauffement climatique, de plus en plus de nos compagnons à quatre pattes sont susceptibles d’y être exposés. Voilà pourquoi nous vous livrons dans cet article les éléments clés à connaître pour bien protéger votre animal, reconnaître la maladie, et savoir comment agir. N’hésitez pas à prendre contact avec notre équipe de la clinique Anibio de Sauvagnon, en journée (ou auprès de notre service vétérinaire de garde à Pau).

Qu’est-ce que la leishmaniose du chien ?

La leishmaniose est causée par des parasites (protozoaires du genre Leishmania) qui infestent certaines cellules du système immunitaire. Elle peut atteindre les chiens, mais également les lapins, les lièvres, les chats, et surtout l’homme.

Transmise par certains moustiques (les phlébotomes), elle affecte environ 400 000 chiens en France. Chez l’homme, seulement 50 cas par an environ sont détectés dans notre pays (mais plus d’un million dans le monde, avec 20 à 30 000 décès/an).

Le petit moustique, capable de la transmettre, se concentre essentiellement sur le pourtour méditerranéen, mais sa répartition est en extension à cause du réchauffement climatique.

Si l’homme est rarement malade de leishmaniose (personnes fragiles : âgées, immunodéprimées, nourrissons), on considère que 2,5 % des chiens le sont dans les zones à risque !

Comment se transmet la leishmaniose du chien ?

Le phlébotome (insecte qui s’apparente au moustique) est spécialement actif entre avril et octobre. Il sert de réservoir au parasite. C’est la femelle qui pique pour se nourrir. Lors de ce repas sanguin sur un chien porteur de leishmaniose, elle va ingérer des parasites qui vont se transformer chez cet hôte. Lors du repas sanguin suivant sur un autre animal, elle va transmettre les leishmanies. La transmission peut également se faire de chien à chien, soit lors de l’accouplement, soit lors de la gestation : la femelle transmet alors par voie sanguine, les leishmanies à sa portée. Les phlébotomes piquent aussi les humains, mais on recense moins de 50 cas par an de leishmaniose déclarés en France. On retrouvera cette maladie dans les départements méditerranéens (Pyrénées-Orientales, Cévennes, Provence, Côte d’Azur et Corse). On retrouve également ces phlébotomes dans les zones tropicales et humides.

Quels sont les symptômes et les signes d’alerte de la leishmaniose du chien ?

Les symptômes n’apparaissent pas immédiatement après la contamination, mais dans les 2-3 mois qui suivent. La maladie se manifeste d’abord par de petits ulcères/plaies souvent sur des zones dépourvues de poils comme l’intérieur des oreilles ou le bout du museau. Cette sorte de « croûte » est cernée d’un bourrelet œdémateux. Concernant les signes généraux, on pourra observer une dégradation de l’état général de l’animal. Les propriétaires traduisent souvent cela en disant que leur compagnon à quatre pattes « a pris un coup de vieux ». Il ne joue plus, dort beaucoup et a l’air triste. On observe également une fonte musculaire qui commence au niveau de la tête puis sur l’ensemble du corps, ce qui renforce l’aspect de vieux chien. Pour les signes cutanés, on retrouve une perte de poils importante, notamment autour des yeux avec là aussi l’apparition d’ulcères. Cela peut entraîner des saignements de nez assez impressionnants et très caractéristiques, pouvant représenter une urgence vétérinaire. De gros ganglions sont rapportés dans près de 90 % des cas tandis que la taille des ongles augmente de façon inconsidérée. Enfin, pour les signes oculaires, il s’agit le plus souvent d’une atteinte des paupières, de conjonctivites ou d’uvéite pour lesquels des soins locaux seront nécessaires, en plus du traitement de la leishmaniose.

Comment diagnostiquer la leishmaniose du chien ?

Le vétérinaire peut être orienté vers ce diagnostic si votre chien vit ou a séjourné dans une zone endémique de la leishmaniose et qu’il observe un certain nombre de signes cliniques. Cependant, cela ne permet pas de poser un diagnostic avec certitude, car les manifestations ne sont pas caractéristiques. Il faudra donc avoir recours à la biologie qui permet de mettre en évidence soit le parasite lui-même, soit des anticorps, qui sont la trace de sa présence.

La recherche des leishmanies se fait sur un prélèvement de moelle osseuse ou d’un ganglion hypertrophié. On peut aussi avoir recours à la sérologie. Réalisée en laboratoire, elle utilise la technologie d’immunofluorescence directe qui est très sensible et spécifique.

Il existe désormais des tests de diagnostic rapide qui permettent d’avoir un résultat fiable pour s’assurer qu’un chien n’est pas atteint avant de le vacciner. Ces tests permettent de mesurer la réaction immunitaire de l’animal et non pas la présence de leishmanies. Il se peut donc qu’ils soient négatifs au tout début de l’infestation ou à l’inverse encore positifs alors qu’il n’y a plus de leishmanies chez un chien traité.

Plus tôt la maladie est diagnostiquée, plus tôt l’animal est traité. C’est pourquoi, en cas de doute, il ne faut surtout pas hésiter à prendre rendez-vous auprès de votre clinique vétérinaire.

Comment traiter la leishmaniose du chien ?

Afin de réduire le risque de contamination, il existe des traitements antiparasitaires actifs sur les phlébotomes, que ce soit sous forme de collier, de spray ou de spot-on (pipette). Il existe également un vaccin contre la leishmaniose. Ces préventions sont à mettre en place si vous vous rendez dans une zone à risques et si votre chien n’est pas infecté. Si l’animal est infecté, il n’y a pas lieu de le vacciner. Cependant, on peut lui donner les traitements antiparasitaires. Il ne faut pas hésiter à contacter son vétérinaire afin d’avoir le traitement le plus adapté. Pour ce qui est du traitement, il n’y a malheureusement pas de traitement définitif pour la leishmaniose. Le vétérinaire met en place des traitements de soutien en fonction des symptômes présentés et l’animal doit être suivi régulièrement. Le vétérinaire peut aussi décider de mettre en place un soutien du système immunitaire sous forme d’injections notamment, en mesurant le taux d’anticorps dans l’organisme par prise de sang (sérologie). Le traitement ne soigne pas, mais permet de ralentir l’évolution de la maladie.

Le rôle du vétérinaire dans la prévention et le suivi de la leishmaniose du chien

Dans la prévention, il est important de prendre l’avis de son vétérinaire qui saura mettre en place un traitement adapté pour le chien. Il faut également éviter de sortir l’animal au moment où les phlébotomes sont actifs, à savoir à la tombée de la nuit. La vaccination associée à l’utilisation d’insecticides est une bonne prévention. Grâce à la vaccination, le système immunitaire est capable de se défendre contre la maladie. Elle n’empêche pas l’infection, mais augmente significativement sa résistance à l’infection en renforçant son immunité. Le risque de développer la leishmaniose est ainsi divisé par 4 chez les animaux vaccinés. Le vaccin contre la leishmaniose peut se faire dès l’âge de 6 mois et s’effectue indépendamment des autres vaccinations. Il faut compter environ 2 mois et demi avant que l’animal soit correctement protégé.

La leishmaniose est une maladie du chien fréquente dans le bassin méditerranéen. Elle est due à un parasite transmis par un moustique : le phlébotome. Ses manifestations cliniques sont cutanées, oculaires et atteignent aussi les organes comme la rate ou les reins. Le traitement permet de réduire les symptômes, mais pas de guérir l’animal. C’est pourquoi la vaccination et des mesures de prévention doivent être associées pour protéger votre chien.

Comme pour de nombreuses situations pouvant mettre en péril la santé de votre chien, par exemple si votre chien ne mange plus ou si votre chien s’est fait mordre, à la moindre suspicion, contactez votre vétérinaire.